30 juillet 2006
La honte et l'horreur, prise deux
Par Sylvain Gaudreault
Vous m’excuserez de revenir sur la question du conflit au Liban pour une deuxième fois en autant de semaines, mais je crois que la gravité de la situation vécue sur le terrain et ce que celle-ci révèle du gouvernement de Stephen Harper sont des faits suffisamment importants pour y consacrer deux textes.
Jeudi dernier, quand j’ai lu les atrocités vécues par les populations civiles dans cette guerre absurde et quand j’ai connu la position du très honorable premier ministre du Canada à la suite du bombardement israélien d’un poste des Nations unies dans le sud du Liban, je n’ai pu m’empêcher de fredonner le premier couplet de « Sunday bloody Sunday », cette chanson de U2 qui traite du massacre de manifestants à Derry, en Irlande du Nord, en 1972. Depuis, ces paroles ne me quittent plus la cervelle :
« I can't believe the news today
Jeudi dernier, quand j’ai lu les atrocités vécues par les populations civiles dans cette guerre absurde et quand j’ai connu la position du très honorable premier ministre du Canada à la suite du bombardement israélien d’un poste des Nations unies dans le sud du Liban, je n’ai pu m’empêcher de fredonner le premier couplet de « Sunday bloody Sunday », cette chanson de U2 qui traite du massacre de manifestants à Derry, en Irlande du Nord, en 1972. Depuis, ces paroles ne me quittent plus la cervelle :
« I can't believe the news today
I can't close my eyes and make it go away
How long, how long must we sing this song ?
How long ? Tonight we can be as one
Broken bottles under children's feet
Bodies strewn across a dead end street
But I won't heed the battle call
It puts my back up, puts my back up against the wall »
(pour une traduction, je vous réfère au site www.u2achtung.com)
En effet, je suis incapable de croire les nouvelles ces jours-ci. Je ne peux fermer les yeux et faire comme si la situation au Liban n’existait pas, avec ses quelques 600 victimes (sans compter les blessés) après une vingtaine de jours d’attaques. Enfin, je n’écouterai jamais les appels à la guerre de Stephen Harper.
Vous pensez que j’exagère? Comment interpréter autrement le refus catégorique du premier ministre canadien de condamner l’attaque d’un poste de l’ONU au Sud-Liban? Plutôt que d’appeler l’État hébreu à la retenue pour éviter les victimes civiles et exiger des excuses et des explications d’Israël pour cette bavure qui a notamment coûté la vie à un soldat canadien, Stephen Harper est allé jusqu’à laisser entendre que c’était la faute des observateurs de l’ONU s’ils étaient là. Notre premier ministre blâme la victime plutôt que l’agresseur. Aaarrrggghhh! La honte m’assaille de nouveau! Je peux bien comprendre (sans partager son point de vue) que Harper appuie Israël dans ce conflit, mais de là à excuser une attaque contre l’ONU, il y a une marge! Cette institution a ses défauts mais comme la Croix-Rouge, elle est sacrée en droit international. Pas touche!
Manichéisme et fin du débat
Tous les autres pays qui ont perdu des casques bleus dans cette attaque ont condamné Israël. Doivent-ils être considérés comme antisémites pour autant? Bien sûr que non! Il semble que seul George W. Bush, Stephen Harper et leurs thuriféraires de droite n’ont pas compris que le monde n’est pas partagé entre le blanc et le noir, entre les bons d’un côté et les méchants de l’autre. L’actualité internationale est plus complexe que cela.
L’actuel conflit au Liban nous révèle plus que tout autre depuis le 11 septembre 2001 les « dommages collatéraux » de la lutte contre le terrorisme sur la pensée politique. D’une part, en matière de droit international, il y a l’apparition de la doctrine dite de la « guerre préventive » invoquée une première fois par les États-Unis contre l’Irak. Elle sert aujourd’hui de prétexte pour justifier les frappes israéliennes contre le Liban pour démanteler le Hezbollah.
Mais la lutte contre le terrorisme affecte aussi la pensée des gens. En effet, les tenants de la droite, comme l’énigmatique E.G. qui a répliqué à mon dernier papier sur cette sale guerre au Liban (lire mon texte et ses répliques) ou encore l’ex-ministre Jacques Brassard qui sévit hebdomadairement dans Le Quotidien, ne semblent pas s’apercevoir qu’ils se trouvent, au fond, piégés par un esprit manichéen renforcé depuis le 11 septembre 2001. « Vous êtes avec moi ou contre moi », voici une autre façon d’exprimer une vision du monde limitée à deux pôles : le bien contre le mal.
Le danger avec ce dogme, c’est qu’il éteint tout débat démocratique, ce qui facilite d’autant plus le triomphe du discours des plus forts. J’ose critiquer les attaques d’Israël? Et vlan! La droite m’étiquette comme défenseur des terroristes! Permettez-moi de répéter ce que j’écrivais sur le sujet la semaine passée : « Comprenez-moi bien. Il n’est pas question ici de soutenir le Hezbollah ni le Hamas, ces organisations qui confondent religion et politique. » Il me semble que le distinguo est clair. Mais non! Me voilà néanmoins catégorisé comme un go-gauche partisan malgré lui du camp du mal.
(pour une traduction, je vous réfère au site www.u2achtung.com)
En effet, je suis incapable de croire les nouvelles ces jours-ci. Je ne peux fermer les yeux et faire comme si la situation au Liban n’existait pas, avec ses quelques 600 victimes (sans compter les blessés) après une vingtaine de jours d’attaques. Enfin, je n’écouterai jamais les appels à la guerre de Stephen Harper.
Vous pensez que j’exagère? Comment interpréter autrement le refus catégorique du premier ministre canadien de condamner l’attaque d’un poste de l’ONU au Sud-Liban? Plutôt que d’appeler l’État hébreu à la retenue pour éviter les victimes civiles et exiger des excuses et des explications d’Israël pour cette bavure qui a notamment coûté la vie à un soldat canadien, Stephen Harper est allé jusqu’à laisser entendre que c’était la faute des observateurs de l’ONU s’ils étaient là. Notre premier ministre blâme la victime plutôt que l’agresseur. Aaarrrggghhh! La honte m’assaille de nouveau! Je peux bien comprendre (sans partager son point de vue) que Harper appuie Israël dans ce conflit, mais de là à excuser une attaque contre l’ONU, il y a une marge! Cette institution a ses défauts mais comme la Croix-Rouge, elle est sacrée en droit international. Pas touche!
Manichéisme et fin du débat
Tous les autres pays qui ont perdu des casques bleus dans cette attaque ont condamné Israël. Doivent-ils être considérés comme antisémites pour autant? Bien sûr que non! Il semble que seul George W. Bush, Stephen Harper et leurs thuriféraires de droite n’ont pas compris que le monde n’est pas partagé entre le blanc et le noir, entre les bons d’un côté et les méchants de l’autre. L’actualité internationale est plus complexe que cela.
L’actuel conflit au Liban nous révèle plus que tout autre depuis le 11 septembre 2001 les « dommages collatéraux » de la lutte contre le terrorisme sur la pensée politique. D’une part, en matière de droit international, il y a l’apparition de la doctrine dite de la « guerre préventive » invoquée une première fois par les États-Unis contre l’Irak. Elle sert aujourd’hui de prétexte pour justifier les frappes israéliennes contre le Liban pour démanteler le Hezbollah.
Mais la lutte contre le terrorisme affecte aussi la pensée des gens. En effet, les tenants de la droite, comme l’énigmatique E.G. qui a répliqué à mon dernier papier sur cette sale guerre au Liban (lire mon texte et ses répliques) ou encore l’ex-ministre Jacques Brassard qui sévit hebdomadairement dans Le Quotidien, ne semblent pas s’apercevoir qu’ils se trouvent, au fond, piégés par un esprit manichéen renforcé depuis le 11 septembre 2001. « Vous êtes avec moi ou contre moi », voici une autre façon d’exprimer une vision du monde limitée à deux pôles : le bien contre le mal.
Le danger avec ce dogme, c’est qu’il éteint tout débat démocratique, ce qui facilite d’autant plus le triomphe du discours des plus forts. J’ose critiquer les attaques d’Israël? Et vlan! La droite m’étiquette comme défenseur des terroristes! Permettez-moi de répéter ce que j’écrivais sur le sujet la semaine passée : « Comprenez-moi bien. Il n’est pas question ici de soutenir le Hezbollah ni le Hamas, ces organisations qui confondent religion et politique. » Il me semble que le distinguo est clair. Mais non! Me voilà néanmoins catégorisé comme un go-gauche partisan malgré lui du camp du mal.
N’est-ce pas lorsqu’une doctrine affecte la libre pensée puis qu’elle paralyse le débat que nous pouvons dire que la propagande fait son œuvre? Pour s’en sortir, il faut d’abord en prendre conscience, ensuite agir sur les prises que nous avons, à notre échelle. Quant à moi, outre la liberté d’expression que m’offre ce blogue, je vais tout faire pour que Stephen Harper et son gouvernement, incluant Jean-Pierre Blackburn dans Jonquière-Alma, soient battus aux prochaines élections. Qu’on se le dise!
28 juillet 2006
Le Pic de la Hutte : redécouvrir les monts Valin tout en douceur
Par Denise Turcotte
Il est des lieux qui nous sont si familiers qu’on a tendance à les prendre pour acquis et à négliger de les revisiter. Pour moi qui ai grandi à Saint-Fulgence, les monts Valin sont de ceux-là. Mais j’ai redécouvert l’endroit avec beaucoup de bonheur depuis deux ou trois ans. Il faut dire que le développement du Parc national des Monts-Valin a permis la mise en place d’infrastructures de grande qualité qui facilitent beaucoup l’accès à ce joyau de notre nature régionale.
Grâce à "la visite"
J’avais le souvenir d’un lieu éloigné et difficile. Un territoire fondamentalement mâle, théâtre d’expéditions à motoneige où les hommes démontraient leur endurance et leur débrouillardise en désembourbant les engins qui ne manquaient pas de s’enliser dans la neige épaisse comme ça. Ma mémoire était peuplée de récits de pêche où les maringouins en attrapaient au moins autant que les pêcheurs. Les milliards de gigantesques bleuets sauvages que j'y imaginais ne se laissaient capturer qu'au prix d'escalades périlleuses et de douloureuses écorchures aux mollets. Les nids de quêpes noires, ma hantise, y foisonnaient comme autant d'avant-postes autorisés à piquer pour tuer, question de faire déguerpir les intrus. Bref, les monts Valin de mon enfance constituaient une toile de fond que je préférais admirer sans trop m’y aventurer. J’estimais ne pas avoir le profil "plein-air" requis pour pénétrer à l’intérieur de ce fabuleux paysage.
Comme c’est souvent le cas avec les attraits locaux, c’est pour faire plaisir à "la visite" que j’y suis finalement retournée. Et quelle belle surprise: non seulement c’est magnifique, mais c’est facile et accessible à tout le monde, même à moi! De quoi me donner envie de partager avec vous ce secret qui reste encore plutôt bien gardé.
Le Parc national des Monts-Valin offre de nombreuses activités: pêche, canot, camping sauvage, interprétation par des guides naturalistes, randonnée, pédestre l’été, à raquettes ou à skis l’hiver, etc. Son réseau de sentiers est vaste et varié; il comporte des relais qui permettent les randonnées de plusieurs jours. D’ailleurs, pour apprécier toute la richesse du parc, il faut certainement quelques jours et plusieurs excursions.
Apprivoiser sans douleur
Mais pour le curieux plus ou moins en forme, - dans mon genre quoi ! - la randonnée du Pic de la Hutte constitue sans doute le meilleur rapport "effort-vue spectaculaire". Il s’agit d’une excursion réalisable sans peine en une demi-journée au départ de Chicoutimi.
On se rend d’abord à l’accueil du parc par le rang Saint-Louis à Saint-Fulgence (compter environ 45 minutes de route). On peut en profiter pour faire un petit arrêt à l’épicerie Roger Tremblay, à l’entrée du village, à quelques mètres à peine du rang St-Louis. On fera là provision de pain de ménage, galettes ou beignes maison pour garnir le panier à pique-nique.
Après avoir payé l’accès au parc (un modeste 3.50 $ par adulte) et s’être procuré la carte des sentiers, on emprunte le chemin du Bras des Canots, une route de 9 kilomètres qui longe la rivière du même nom, un torrent fougeux qui dévale la montagne entre les roches arrondies par son flux puissant. Pas besoin d’un gros pick-up ni d’un "quatre par quatre", même si on droit gravir quelques bonnes côtes bien abruptes: les autos normales circulent sans problème sur cette route de gravier. Je vous l’ai dit, c’est accessible à tout le monde.
Le chemin conduit à un stationnement d’où part de sentier du Pic de la Hutte, long de 1,5 kilomètre. La montée est relativement facile avec son dénivelé d’à peine 80 mètres et les escaliers et trottoirs de bois qu’on a construits sur le parcours. Quelques bancs savamment disposés là où le souffle pourrait manquer permettent de se reposer et d'apprécier le grand calme des lieux. La végétation impressionne par la variété des espèces et le changement qu'on remarque au fil de l'ascension: en haut, on se croirait presque dans la toundra arctique tant les arbres sont rabougris. On est aussi saisi par les falaises noires qui se dressent comme si un géant les avait équarries à la hache un jour où il ne savait pas trop quoi faire de sa peau. Mais même en prenant bien son temps pour apprécier toute la richesse d'une nature généreuse, il est difficile de mettre plus de trois quarts d’heure pour atteindre le sommet. Et c’est là que le clou du spectacle nous attend.
À couper le souffle
Pour peu que le temps soit clair, c’est la région tout entière qui s’étale à nos pieds, rien de moins! De l’église de Saint-Félix-d’Otis jusqu’à la tour à pâte de l’usine Alcan d’Isle-Maligne. Tout simplement époustouflant! La fin de semaine, un guide naturaliste est sur place avec sa lunette d’approche qui permet de voir un peu mieux les détails de ce panorama incroyable. On s’amuse à repérer des lieux familiers, des édifices connus. Le guide renseigne également les randonneurs sur la végétation et la faune de l’endroit, ce qui permet de s’instruire en prime.
Les tables installées sur les belvédères en font des lieux de pique-nique presque surréalistes: même le plus vulgaire sandwich au coco prend des airs de festin lorsqu’on l’avale dans un pareil décor. Il est toutefois prudent d’apporter une petite laine parce qu’à cette altitude, la température est nettement plus fraîche qu’en ville et le vent peut surprendre, surtout en automne. Mais je ne connais pas un touriste qui ne craque pas devant l’immensité de ce paysage grandiose !
Allez-y faire un tour, amenez-y votre "visite". Vous m’en direz des nouvelles !
Pour en savoir plus:
Le parc des Monts-Valin, sur l'excellent site de la Société des établissements de plein-air du Québec (SÉPAQ), où on peut s'informer et réserver en ligne:
21 juillet 2006
Le retour de Jacky Staner
Par Denise Turcotte
Tous les gourmands s’en réjouiront, l’as-charcutier Jacky Staner a repris du service il y a quelques semaines. Après un peu plus de cinq ans d’absence, il a rouvert en juin dernier son petit commerce de la rue de l’Hôtel-de-Ville à Chicoutimi. Et c’est un vrai bonheur ! La bonne odeur familière nous accueille dès qu’on ouvre la porte, en haut des marches du modeste sous-sol. " Ça sent comme avant ", se dit-on avec le petit souvenir ému de ceux qui retrouvent un vieil ami réconfortant.
À l’intérieur, ils sont tous là, comme avant : boudins blancs, crépinettes, merguez, saucisses italiennes, allemandes, hongroises, dijonnaises et autres délices qui font monter l’eau à la bouche. Le même comptoir, les saucissons, les produits d’importation qui recommencent tranquillement à garnir les tablettes… Même les clients sont familiers ! Les beaux estomacs se rencontrent, aurait dit Voltaire. Et tous soulignent avec enthousiasme la joie de ces retrouvailles aussi inattendues que délicieuses.
Derrière le comptoir, Odette Potvin, conjointe et complice de monsieur Staner, explique avec un peu d'amusement résigné que son homme s'ennuyait des clients. Quant à Staner, il est tout sourire. Il a à peine changé. Il assure qu’il est en pleine forme et que les problèmes de santé qui avaient précipité son retrait des affaires sont rangés bien loin dans le placard des mauvais souvenirs. Ça fait plaisir, vraiment !
Contribution importante
Il faut savoir que Jacky Staner est une figure marquante de la restauration chicoutimienne et que son apport à la gastronomie locale a été considérable. Belge d’origine, Staner est l’héritier d’une riche tradition culinaire. Dans sa famille, la charcuterie s’apprend et se transmet de génération en génération depuis 1875. Il arrivait d’Espagne dans les années 70 lorsqu’il s’est établi au Saguenay et que, sans véritable métier, il a décidé de faire ce qu’il savait faire depuis toujours et d’ouvrir un restaurant " qui offrirait ce que les autres n’offraient pas ", comme il raconte.
C’est ainsi que plusieurs d’entre nous ont mangé pour la première fois des vraies frites belges, des vrais potages confectionnés avec de vrais légumes et une grande variété de plats savoureux à La Petite Bouffe de la rue du Pont à Chicoutimi-Nord. À l’époque où steaks, poulet rôti et club-sandwich constituaient l’essentiel des menus de restaurants, c’était une véritable révolution.
J’avais quinze ou seize ans et, avec les copains d’école, j’allais parfois savourer le menu du midi de monsieur Staner au lieu de m’enfiler le dîner préfabriqué que la cafétéria de la polyvalente Charles-Gravel offrait pour à peine quelques sous de moins. L’ambiance était chaleureuse et conviviale, les plats étonnants et toujours délicieux. Et puis on pouvait toujours compter sur un prof pour nous ramener à l’école lorsqu’on avait le bedon un peu trop lourd pour remonter la côte Sainte-Geneviève à pied après le repas. Pour la petite fille de Saint-Fulgence que j’étais, ce premier contact avec des saveurs insoupçonnées ouvrait toute grande une fenêtre qui ne s'est jamais refermée, celle du goût du monde et du plaisir du goût.
Je me rappelle encore avec délice les " oiseaux-sans-tête ", ces paupiettes moelleuses qu’on découvrait avec étonnement en se demandant où étaient les ailes du drôle de poulet qu’on croyait avoir commandé. Et puis les fameuses tartes belges, à la pâte sablée si différente de la croûte feuilletée des tartes que je connaissais ! Quel dommage que madame Henri, qui les cuisinait pour monsieur Staner, n'ait jamais consenti à donner sa recette, malgré " la belle façon " que plusieurs ont essayé de lui faire pour soutirer son secret !
Heureusement, contrairement à elle, Jacky Staner a fait école. Cela ne se sait pas assez: Staner a contribué non seulement à faire connaître de nouvelles saveurs aux gens d’ici, mais aussi à former une relève qui nous a donné quelques uns de nos meilleurs restaurateurs. Ainsi, c’est à La Petite Bouffe que Geneviève Tremblay et Germain Bonneau ont fait leur entrée dans le monde de la restauration avant d’ouvrir La Bougresse. Louis Boivin a aussi fait ses classes aux côtés de monsieur Staner avant de travailler à Montréal et de revenir à Chicoutimi pour ouvrir Le Fitzgérald dans les années 80 puis, plus récemment, Le Spag sur la rue Racine.
La main de l’artisan
Après l’aventure de la Petite Bouffe, monsieur Staner s’est davantage fait connaître comme charcutier. On faisait la route jusqu'à Falardeau pour faire provision de ses saucisses. Avec sa boutique de la rue Racine - l'endroit s'appelait À bon porc !, signe de l'humour bon enfant de son propriétaire - , puis plus tard celle de la rue de l'Hôtel-de-Ville, il a introduit sur nos tables une multitude de fromages et de produits fins importés d'Europe et d’Asie, en plus de nous faire découvrir le monde merveilleux de la charcuterie artisanale.
Car si maintenant on ne sourcille plus à la vue de saucisses aux assaisonnements les plus exotiques, ça n’allait pas de soi il y a vingt ans quand notre horizon se limitait souvent aux saucisses à hot-dog Hygrade et au balloney qu’un petit saut de poêlon transformait en " chapeau ". Il y avait bien quelques bouchers pour confectionner une saucisse maison convenable, mais on avait vite fait le tour de la gamme. Le moelleux d’un boudin blanc, le caractère d’une saucisse italienne, les légumes intégrés à la saucisse provençale, le piquant insidieux des merguez, tout cela constituait autant de découvertes pour nos papilles étonnées et ravies.
Avec le temps, nos goûts se sont raffinés, nous nous sommes ouverts aux cuisines du monde, d’autres commerces spécialisés se sont installés, mais monsieur Staner a gardé une place de choix dans le coeur des gourmands, même après qu’il se soit retiré en 2001. Il avait beau avoir vendu ses recettes, ça n’était plus pareil! Le boudin blanc fendait à la cuisson, il y avait un peu trop de sauge dans la préparation… Il manquait quelque chose. Quelque chose qui n’est pas dans la recette.
Parce qu’on aura beau dire, l’artisan et la relation qu’on établit avec l’artisan font aussi la différence. La recette, ça n’est qu’une partie du goût : il y a aussi toute la manière, le savoir-faire - la "façon" comme on dit-, les petits conseils rassurants que le charcutier donne gentiment au client insécure qui se lance dans la confection de sa première choucroute, le sourire gourmand qui donne envie de goûter un nouveau produit…
En sortant de la charcuterie, je me disais que c’était tout cela qui m’avait manqué. Tout l’héritage que cet homme venu d’ailleurs nous a généreusement apporté. Et puis tout le reste, tout ce qui n’est pas dans la recette.
Les menus plaisirs
Jacques Staner, propriétaire
326, rue de l’Hôtel-de-Ville
Chicoutimi
549-5648
20 juillet 2006
La honte et l'horreur
Par Sylvain Gaudreault
Que les cyniques aillent se rhabiller! Il est faux de prétendre que d’un gouvernement à l’autre, c’est blanc bonnet, bonnet blanc. À chaque jour, le premier ministre Stephen Harper fait prendre conscience aux Canadiens et aux Québécois ce que signifie l’élection d’un gouvernement conservateur. Imaginez s’il était majoritaire!
J’étais déjà inquiet de l’élection d’un gouvernement de droite le 23 janvier dernier. Recul sur la conciliation famille-travail avec le versement de 100 $ par mois aux enfants de moins de six ans, prolongation de la mission offensive de l’armée canadienne en Afghanistan, croissance du budget militaire, abolition du registre des armes à feu, hausse de l’âge du consentement sexuel, volonté de contrôler les représentants de la presse parlementaire à Ottawa, « god bless Canada », entente à rabais sur le conflit du bois d’œuvre avec les amis du régime Bush… En quelques mois de règne, Stephen Harper a rapidement imposé son style de gestion, notamment motivé par des considérations d’ordre moral, une première dans l’histoire politique canadienne. D’une tradition de type parlementaire britannique, voilà que l’administration publique du Canada glisse subrepticement vers un type présidentiel à l’américaine.
Aucune nuance
Depuis samedi dernier, avec la position du premier ministre sur la question des frappes israéliennes en territoire libanais, mon inquiétude a laissé place à la honte. J’ai honte d’être citoyen d’un pays qui a exprimé à la face du monde, avec aucune nuance, un appui sans faille à la stratégie militaire d’Israël dans le nouveau conflit avec le Liban. Bien que j’en étais déjà pas mal convaincu, j’ai maintenant acquis la certitude qu’il y a urgence à renverser ce gouvernement. Aucun « vote stratégique », aucune voix au sein du conseil des ministres, aucun « Plan Marshall », aucune vague promesse de création d’emplois dans ma région ne me fera marchander mon désaccord, voire mon indignation, face à ce gouvernement marqué du sceau du conservatisme social et de la courte vue.
Comprenez-moi bien. Il n’est pas question ici de soutenir le Hezbollah ni le Hamas, ces organisations qui confondent religion et politique. Dans le cas du Hezbollah, il semble se foutre totalement de l’état de droit que le gouvernement libanais tente de faire régner au pays du Cèdre. Mais je ne crois pas pour autant que la solution à la situation explosive au Proche-Orient passe par une cristallisation des positions. Stephen Harper est le chef de gouvernement qui est allé le plus loin dans sa prise de position idéologique en qualifiant de « mesurée » la réaction de l’armée israélienne aux attaques du Hezbollah et du Hamas. Même George W. Bush n’est pas allé aussi loin. Il faut le faire! Nous savons tous que la détention de trois soldats israéliens par le Hamas et le Hezbollah offre un joli prétexte à Tsahal pour pilonner ses voisins et ainsi éradiquer toute forme de terrorisme. Mais puisqu’il faut s’en tenir aux motifs invoqués, qu’ils soient faux ou réels, n’est-il pas charrié de trouver « mesurée » une réplique qui jette de l’huile sur un feu déjà passablement allumé et qui, à son septième jour, avait déjà fait plus de 240 morts dont bon nombre de civils? L’horreur. Il n’y a pas d’autres mots pour décrire la réalité au Sud-Liban.
Méconnaissance
Outre ce glissement sans précédent vers une radicalisation de la politique extérieure du Canada, la réaction de Stephen Harper dévoile autre chose sur le personnage et son gouvernement qui doit faire face à son premier vrai test face à l’opinion publique. En effet, les ratés dans l’évacuation des ressortissants canadiens et la position tranchée du premier ministre révèlent la méconnaissance de ce dernier quant aux liens étroits qui unissent la communauté libanaise avec le Québec. Le Liban est membre de l’Organisation internationale de la francophonie. Cette appartenance à la grande famille francophone a fait en sorte que de nombreux Libanais ont choisi d’émigrer au Québec, surtout dans les années 1970 et 1980, alors que la guerre faisait rage dans leur pays. Sachant cela, Stephen Harper aurait-il osé aller aussi loin dans ses prises de position? Aujourd’hui, en offrant des sièges de son « Air force one » à une centaine de ressortissants canadiens en « stand by » sur l’île de Chypre, Stephen Harper ne tente que d’amadouer une opinion publique de plus en plus critique. Mais le mal est fait. La crise israélo-libanaise a dévoilé le vrai visage du premier ministre pour ceux et celles qui doutaient encore de la profondeur de ses convictions idéologiques de droite.
J’étais déjà inquiet de l’élection d’un gouvernement de droite le 23 janvier dernier. Recul sur la conciliation famille-travail avec le versement de 100 $ par mois aux enfants de moins de six ans, prolongation de la mission offensive de l’armée canadienne en Afghanistan, croissance du budget militaire, abolition du registre des armes à feu, hausse de l’âge du consentement sexuel, volonté de contrôler les représentants de la presse parlementaire à Ottawa, « god bless Canada », entente à rabais sur le conflit du bois d’œuvre avec les amis du régime Bush… En quelques mois de règne, Stephen Harper a rapidement imposé son style de gestion, notamment motivé par des considérations d’ordre moral, une première dans l’histoire politique canadienne. D’une tradition de type parlementaire britannique, voilà que l’administration publique du Canada glisse subrepticement vers un type présidentiel à l’américaine.
Aucune nuance
Depuis samedi dernier, avec la position du premier ministre sur la question des frappes israéliennes en territoire libanais, mon inquiétude a laissé place à la honte. J’ai honte d’être citoyen d’un pays qui a exprimé à la face du monde, avec aucune nuance, un appui sans faille à la stratégie militaire d’Israël dans le nouveau conflit avec le Liban. Bien que j’en étais déjà pas mal convaincu, j’ai maintenant acquis la certitude qu’il y a urgence à renverser ce gouvernement. Aucun « vote stratégique », aucune voix au sein du conseil des ministres, aucun « Plan Marshall », aucune vague promesse de création d’emplois dans ma région ne me fera marchander mon désaccord, voire mon indignation, face à ce gouvernement marqué du sceau du conservatisme social et de la courte vue.
Comprenez-moi bien. Il n’est pas question ici de soutenir le Hezbollah ni le Hamas, ces organisations qui confondent religion et politique. Dans le cas du Hezbollah, il semble se foutre totalement de l’état de droit que le gouvernement libanais tente de faire régner au pays du Cèdre. Mais je ne crois pas pour autant que la solution à la situation explosive au Proche-Orient passe par une cristallisation des positions. Stephen Harper est le chef de gouvernement qui est allé le plus loin dans sa prise de position idéologique en qualifiant de « mesurée » la réaction de l’armée israélienne aux attaques du Hezbollah et du Hamas. Même George W. Bush n’est pas allé aussi loin. Il faut le faire! Nous savons tous que la détention de trois soldats israéliens par le Hamas et le Hezbollah offre un joli prétexte à Tsahal pour pilonner ses voisins et ainsi éradiquer toute forme de terrorisme. Mais puisqu’il faut s’en tenir aux motifs invoqués, qu’ils soient faux ou réels, n’est-il pas charrié de trouver « mesurée » une réplique qui jette de l’huile sur un feu déjà passablement allumé et qui, à son septième jour, avait déjà fait plus de 240 morts dont bon nombre de civils? L’horreur. Il n’y a pas d’autres mots pour décrire la réalité au Sud-Liban.
Méconnaissance
Outre ce glissement sans précédent vers une radicalisation de la politique extérieure du Canada, la réaction de Stephen Harper dévoile autre chose sur le personnage et son gouvernement qui doit faire face à son premier vrai test face à l’opinion publique. En effet, les ratés dans l’évacuation des ressortissants canadiens et la position tranchée du premier ministre révèlent la méconnaissance de ce dernier quant aux liens étroits qui unissent la communauté libanaise avec le Québec. Le Liban est membre de l’Organisation internationale de la francophonie. Cette appartenance à la grande famille francophone a fait en sorte que de nombreux Libanais ont choisi d’émigrer au Québec, surtout dans les années 1970 et 1980, alors que la guerre faisait rage dans leur pays. Sachant cela, Stephen Harper aurait-il osé aller aussi loin dans ses prises de position? Aujourd’hui, en offrant des sièges de son « Air force one » à une centaine de ressortissants canadiens en « stand by » sur l’île de Chypre, Stephen Harper ne tente que d’amadouer une opinion publique de plus en plus critique. Mais le mal est fait. La crise israélo-libanaise a dévoilé le vrai visage du premier ministre pour ceux et celles qui doutaient encore de la profondeur de ses convictions idéologiques de droite.
La honte m’assaille. L’horreur me dégoûte. Aujourd’hui plus que jamais, je considère qu’il y a urgence à renvoyer dès la première occasion Stephen Harper et ses sbires locaux, dont Jean-Pierre Blackburn, député de Jonquière-Alma, sur les banquettes de l’Opposition.
14 juillet 2006
" La croisade s’amuse " de Jul : en rire plutôt qu’en pleurer
Par Denise Turcotte
Il paraît qu’il faut s’efforcer d’écrire sur des sujets plus légers l’été. Moi qui voulais parler de déséquilibre fiscal, ça tombe mal… Nous y reviendrons peut-être mais c’est bon, je sais que vous êtes en vacances, que vous avez sans doute le goût de décrocher un peu malgré le prix de l’essence qui grimpe juste au moment où vous vous apprêtiez à partir, alors je vous fais plutôt une suggestion de lecture estivale. Une vraie lecture légère, même si je suis du genre à apporter à la plage un essai sur la mondialisation plutôt qu’un polar.
Il s’agit d’une bande dessinée qui m’a procuré un joyeux fou rire dernièrement : l’album " La croisade s’amuse " de Jul, une hilarante satire de la " guerre au terrorisme ". Jouant de l’humour à saveur politique, Jul prend appui sur le personnage de l’hypothétique épouse de Oussama Ben Laden pour inventer toutes sortes de similitudes entre le monde de Georges Bush et celui d’Al Qaïda. Ce contre-pied joyeusement malicieux sert de prétexte à une série d’images et de jeux de mots qui réussissent à nous faire rire d’un sujet pas tout à fait jojo à première vue. Ainsi, on se retrouve dans l’intimité des Ben Laden, une famille " normale " qui mène une petite vie tranquille dans sa grotte. Prenant exemple sur Lady Diana pour qui elle a beaucoup d’admiration, madame Ben Laden écrit son journal. Elle parle de tout et de rien, de son mari qui travaille trop avec son copain le mollah Omar, de son fils qui séjourne dans un village pénitentiaire américano-cubain, du journaliste de Paris-Match pris en otage pour faire plaisir aux enfants et qu’elle est la seule à ne pas oublier dans la cave. Réfugiée à Paris avec son époux pour fuir les attaques américaines, madame Ben Laden retrouve d’ailleurs ce journaliste qui l’incite à publier son journal. Et tout naturellement, madame Ben accède à la célébrité.
Bush et Ben Laden : même combat
L’histoire est loufoque, mais ce qui fait rire davantage, ce sont les traits occidentaux que Jul prête à la famille Ben Laden et au milieu dans lequel ils vivent : les burkas de fantaisie de madame Ben Laden, son obsession pour les magazines à potins, les séances de psychothérapie de son fils… Toutes ces pirouettes nous amènent insidieusement à penser que les Ben Laden ne sont peut-être pas, au fond, si différents que ça des Bush. Et puis les caricatures grotesques de personnages américains font sourire l’anti-américain primaire qui sommeille en chacun de nous. Georges Bush et Condeleezza Rice sont plus ridicules que nature si cela se peut. Même Michaël Moore y passe…
Il faut s’attarder aux petits détails dont Jul a parsemé l’album : le resto Mulla Donald, l’affiche du film " la Dolce Charia ", les "Galeries Al Fayette ", le concours de burkas mouillées, la brochette d’invitées au souper de filles auquel madame Ben Laden prend part chez madame Arafat, tout est matière à gags ! Du bon gros rire idiot de premier degré. Et puis un autre petit rire, un peu plus jaune, quand Jul fait à sa façon, sur la jaquette arrière du livre, la division du monde selon l’axe du mal et quelques autres axes surprenants.
À lire pour se payer une bonne rigolade, question de reprendre son souffle pour revenir en force aux choses sérieuses.
Jul, La croisade s’amuse, éditions Albin-Michel
12 juillet 2006
Quête identitaire entre le Québec et l'Alsace
Par Sylvain Gaudreault
Au cours des deux dernières années, j’ai eu la chance de faire trois voyages de tourisme pur, c’est-à-dire que ces voyages n’étaient motivés par rien d’autre que le désir de découvrir des cultures différentes et des lieux nouveaux. Ce n’étaient pas des voyages d’affaires ou d’études. Mais attention! Cela ne signifie pas pour autant que je ne fréquente que les lieux ou les sites marqués au fer rouge par le tourisme de masse.
C’est ainsi qu’entre 2004 et 2006, je me suis retrouvé successivement en Roumanie, en Irlande et en Alsace. « Veinard », direz-vous. Peut-être… Mais mon objectif n’est pas de vous raconter mes pérégrinations du genre « Grands explorateurs » et encore moins d’épater la galerie. Vous n’avez rien à faire de mon album de photos et je vous comprends très bien.
Je veux vous amener vers une autre trajectoire, celle de l’identité. On dit souvent que les voyages servent davantage à se comprendre soi-même qu’à découvrir l’autre. J’ai réalisé en Alsace que mes trois dernières destinations ont un fort dénominateur commun : la quête identitaire d’une collectivité. Ces trois nations ont toutes connu (et connaissent encore…) un parcours non linéaire dans la formation de leur identité collective. Un pays ou une région? Partager les pouvoirs avec une entité supra-nationale ou centraliser les fonctions administratives? Quelle religion? À travers toutes ces questions, j’en viens à me demander si je ne cherche pas à comprendre ma propre « québécitude » à l’occasion de mes périples outre-mer. Voyons voir…
Quêtes identitaires collectives
La Roumanie d’abord. Parmi mes trois destinations, ce pays d’Europe de l’Est représente sans aucun doute la quintessence de la quête identitaire complexe. Il est situé au confluent de multiples influences culturelles : latine, slave, orientale, orthodoxe, francophone… Sans compter que son passé communiste récent, qui a dérivé vers le totalitarisme, a laissé de puissantes traces jusque dans l’architecture. Il y a de quoi marquer un peuple! Aujourd’hui libérée du joug de Nicolae Ceausescu, la Roumanie aspire à l’Europe. Son adhésion à l’Union européenne est prévue pour 2007, si elle parvient notamment à juguler la corruption endémique. Dans les rues de Bucarest comme dans les campagnes de Bucovine, on sent que les Roumains veulent être considérés comme Européens au sens du marché commun. Ils veulent faire un trait sur leur passé troublé et ils aspirent à rejoindre le camp de l’Occident. Cela se sent même dans les choix de consommation et la musique.
L’Irlande ensuite. Je n’ai pas encore compris ce qui m’attirait tant dans ce pays escarpé, au propre comme au figuré. Est-ce son histoire marquée, comme celle du Québec, par la domination britannique? Serait-ce plutôt sa relation d’amour-haine avec l’Église catholique, encore comme au Québec? Étais-je attiré par la terre ancestrale de nombreux Québécois dont les aïeuls ont fui la Grande Famine de 1846-1848? C’est peut-être un mélange de toutes ces raisons… Après de longues années de lutte pour leur émancipation, les Irlandais ont enfin acquis l’indépendance en 1921. Aujourd’hui membre à part entière de l’Union européenne, le « Tigre celtique » a su profiter des bienfaits du marché commun, dont la monnaie unique (l’euro) et les généreuses subventions, tout en gardant farouchement son indépendance. Il reste bien sûr la délicate question de l’Ulster et des relations entre les communautés protestantes et catholiques du nord de l’île, toujours rattaché au Royaume-Uni. Là encore, la quête identitaire se fait sentir. Protestants ou catholiques? Royalistes ou républicains? Britanniques ou irlandais? Le sud de l’île, majoritairement catholique, a trouvé sa réponse par l’accession à la pleine souveraineté et en participant pleinement aux institutions internationales. Il aimerait bien que le nord le suive dans cette voie…
L’Alsace maintenant. Voilà une région qui a choisi son camp entre les deux rives du Rhin : ce sera la France! Comme la Roumanie et l’Irlande, l’Alsace a aussi une personnalité complexe : elle a su préserver son originalité au sein de l’Hexagone, notamment avec son dialecte et la tolérance qu’elle accorde depuis plusieurs siècles à la diversité religieuse. Dans un petit village alsacien, j’ai visité une église qui sert à la fois au culte catholique et au culte protestant depuis 1687! Malgré cette « société distincte » et le fort sentiment d’appartenance, les Alsaciens ne revendiquent pas leur indépendance. Ils trouvent leur compte au sein de la République française, ce qui ne les empêche pas d’être très présents sur la scène internationale. Strasbourg, le chef-lieu de la région, a fait le pari des institutions de l’Union européenne : elle abrite le siège du Conseil de l’Europe et du Parlement européen.
De retour chez nous…
Et le Québec dans tout ça? Si voyager permet surtout de se comprendre soi-même, j’essaie encore de voir comment le Québec, une autre société en quête de son identité, peut trouver une inspiration dans les modèles étrangers.
Au terme de mes visites sommaires en Roumanie, en Irlande et en Alsace, j’ose une recette à saveur québécoise : sur la base d’un métissage à la roumaine (au Québec les influences culturelles sont autochtone, française, britannique, américaine, catholique et protestante), ajoutons une souveraineté à l’irlandaise assaisonnée d’une ouverture sur le monde à l’alsacienne. Il s’agit-là, il me semble, d’un projet nettement plus emballant et contemporain que le confinement éternel dans la position défensive de province au sein d’un ensemble fédéral qui se refuse à reconnaître la spécificité québécoise.
C’est ainsi qu’entre 2004 et 2006, je me suis retrouvé successivement en Roumanie, en Irlande et en Alsace. « Veinard », direz-vous. Peut-être… Mais mon objectif n’est pas de vous raconter mes pérégrinations du genre « Grands explorateurs » et encore moins d’épater la galerie. Vous n’avez rien à faire de mon album de photos et je vous comprends très bien.
Je veux vous amener vers une autre trajectoire, celle de l’identité. On dit souvent que les voyages servent davantage à se comprendre soi-même qu’à découvrir l’autre. J’ai réalisé en Alsace que mes trois dernières destinations ont un fort dénominateur commun : la quête identitaire d’une collectivité. Ces trois nations ont toutes connu (et connaissent encore…) un parcours non linéaire dans la formation de leur identité collective. Un pays ou une région? Partager les pouvoirs avec une entité supra-nationale ou centraliser les fonctions administratives? Quelle religion? À travers toutes ces questions, j’en viens à me demander si je ne cherche pas à comprendre ma propre « québécitude » à l’occasion de mes périples outre-mer. Voyons voir…
Quêtes identitaires collectives
La Roumanie d’abord. Parmi mes trois destinations, ce pays d’Europe de l’Est représente sans aucun doute la quintessence de la quête identitaire complexe. Il est situé au confluent de multiples influences culturelles : latine, slave, orientale, orthodoxe, francophone… Sans compter que son passé communiste récent, qui a dérivé vers le totalitarisme, a laissé de puissantes traces jusque dans l’architecture. Il y a de quoi marquer un peuple! Aujourd’hui libérée du joug de Nicolae Ceausescu, la Roumanie aspire à l’Europe. Son adhésion à l’Union européenne est prévue pour 2007, si elle parvient notamment à juguler la corruption endémique. Dans les rues de Bucarest comme dans les campagnes de Bucovine, on sent que les Roumains veulent être considérés comme Européens au sens du marché commun. Ils veulent faire un trait sur leur passé troublé et ils aspirent à rejoindre le camp de l’Occident. Cela se sent même dans les choix de consommation et la musique.
L’Irlande ensuite. Je n’ai pas encore compris ce qui m’attirait tant dans ce pays escarpé, au propre comme au figuré. Est-ce son histoire marquée, comme celle du Québec, par la domination britannique? Serait-ce plutôt sa relation d’amour-haine avec l’Église catholique, encore comme au Québec? Étais-je attiré par la terre ancestrale de nombreux Québécois dont les aïeuls ont fui la Grande Famine de 1846-1848? C’est peut-être un mélange de toutes ces raisons… Après de longues années de lutte pour leur émancipation, les Irlandais ont enfin acquis l’indépendance en 1921. Aujourd’hui membre à part entière de l’Union européenne, le « Tigre celtique » a su profiter des bienfaits du marché commun, dont la monnaie unique (l’euro) et les généreuses subventions, tout en gardant farouchement son indépendance. Il reste bien sûr la délicate question de l’Ulster et des relations entre les communautés protestantes et catholiques du nord de l’île, toujours rattaché au Royaume-Uni. Là encore, la quête identitaire se fait sentir. Protestants ou catholiques? Royalistes ou républicains? Britanniques ou irlandais? Le sud de l’île, majoritairement catholique, a trouvé sa réponse par l’accession à la pleine souveraineté et en participant pleinement aux institutions internationales. Il aimerait bien que le nord le suive dans cette voie…
L’Alsace maintenant. Voilà une région qui a choisi son camp entre les deux rives du Rhin : ce sera la France! Comme la Roumanie et l’Irlande, l’Alsace a aussi une personnalité complexe : elle a su préserver son originalité au sein de l’Hexagone, notamment avec son dialecte et la tolérance qu’elle accorde depuis plusieurs siècles à la diversité religieuse. Dans un petit village alsacien, j’ai visité une église qui sert à la fois au culte catholique et au culte protestant depuis 1687! Malgré cette « société distincte » et le fort sentiment d’appartenance, les Alsaciens ne revendiquent pas leur indépendance. Ils trouvent leur compte au sein de la République française, ce qui ne les empêche pas d’être très présents sur la scène internationale. Strasbourg, le chef-lieu de la région, a fait le pari des institutions de l’Union européenne : elle abrite le siège du Conseil de l’Europe et du Parlement européen.
De retour chez nous…
Et le Québec dans tout ça? Si voyager permet surtout de se comprendre soi-même, j’essaie encore de voir comment le Québec, une autre société en quête de son identité, peut trouver une inspiration dans les modèles étrangers.
Au terme de mes visites sommaires en Roumanie, en Irlande et en Alsace, j’ose une recette à saveur québécoise : sur la base d’un métissage à la roumaine (au Québec les influences culturelles sont autochtone, française, britannique, américaine, catholique et protestante), ajoutons une souveraineté à l’irlandaise assaisonnée d’une ouverture sur le monde à l’alsacienne. Il s’agit-là, il me semble, d’un projet nettement plus emballant et contemporain que le confinement éternel dans la position défensive de province au sein d’un ensemble fédéral qui se refuse à reconnaître la spécificité québécoise.
08 juillet 2006
Fleurir la ville : une question de vision
Par Denise Turcotte
L’horticultrice en moi aime les fleurs, les parcs et les beaux jardins, ça ne surprendra personne. Mais pas à tout prix. Dans certains cas, j’aurais plutôt envie de dire " laissez donc faire ! ". Je pense à toutes ces plates-bandes municipales d’aspect misérable où quelques annuelles à moitié étiolées et à moitié mortes de soif survivent péniblement. Comme la butte au coin des boulevards de l’Université et Saint-Paul à Chicoutimi, ou les carrés incrustés dans les trottoirs de la rue Racine, ou les bacs de ciment du boulevard Talbot, porte d’entrée de la ville. J’ai pris quelques photos hier, voyez par vous-mêmes : vous ne pourrez pas dire que j’exagère!


Loin de moi l’idée de blâmer les jardiniers de la ville : je sais que même avec la meilleure volonté du monde, on ne transforme pas six pétunias étiolés en un luxuriant carré débordant de fleurs. Je ne blâme pas non plus l’entreprise d’où viennent les pétunias en question: quand le budget du client est insuffisant, on ne fait pas de miracles ! C’est en amont qu’il y a un problème : pourquoi saupoudrer dans la ville entière des plates-bandes minables si le budget ne permet ni de les remplir, ni de les entretenir ? Les plantes sont des créatures vivantes qui requièrent des soins : un bon sol, de l’eau, un peu d’engrais, sarclage, nettoyage et taille régulièrement. Pourquoi planter des fleurs si on sait au départ qu’on a pas les moyens de les entretenir et qu'elles auront l'air pittoyable au lieu d'embellir les lieux ?
À tout prendre, il vaudrait mieux ne conserver que quelques plates-bandes à des endroits stratégiques et les garnir comme il faut. Ça serait moins gênant…
On pourrait aussi s’inspirer de ce qui se fait ailleurs et mettre à contribution les citoyens qui s’intéressent à l’horticulture et qui ne demandent pas mieux que de participer à l’embellissement de leur ville.
Des initiatives économiques et participatives
Un nombre croissant de villes nord-américaines ont mis en place des programmes où les citoyens transforment des espaces publics en jardins, par exemple en aménageant des plates-bandes sur des bordures de rue et des terre-pleins. Ainsi, à l’initiative d’une de ses résidentes, la ville de Courtenay en Colombie-Britannique a été la première a subventionner les citoyens pour la création de plates-bandes longeant sa rue principale. Aujourd’hui, un grand "plant-in" a lieu chaque année : la ville dépose des caissettes contenant près de 30 000 plants que les résidents installent bénévolement sous la coordination du club Rotary. Pour compléter ce joyeux " PPP ", la station Pétro-Canada locale offre les hot-dogs à tout le monde en fin de journée, ajoutant au caractère festif et communautaire de l'activité.
D’autres villes ont repris l’idée et mis en place des programmes où les citoyens collaborent avec les instances municipales et fleurissent les rues de leur quartier. La ville assure la planification et des contrats de bon voisinage précisent les normes de plantation afin de s’assurer que les plates-bandes ne nuisent pas à la sécurité ni aux infrastructures municipales; ces contrats établissent aussi qui s’occupe de l’entretien.
Les bénéfices que ces villes retirent de tels programmes sont parfois étonnants : en plus d'améliorer l'apparence des lieux, de renforcer le sentiment d’appartenance et de fierté des citoyens, les rues et boulevards fleuris permettent de diminuer la vitesse des automobilistes et même le taux de criminalité.
Un peu d’imagination et d’audace
D’autres villes vont encore plus loin et considèrent l’aménagement paysager comme un investissement plutôt que comme un mal nécessaire.
Chemainus en Colombie-Britannique et Niagara-on-the-Lake en Ontario (photo) sont des petits chefs-d’oeuvre de villages où aménagement paysager, architecture coquette, vocation artistique et commerce artisanal de qualité s’unissent pour attirer et retenir les visiteurs. Plus près de nous, le Vieux-Québec (destination concurrente de Saguenay pour les croisiéristes) se démarque par ses plates-bandes et ses corbeilles fleuries attrayantes. Qu’est-ce qui nous empêche d’en faire autant ? L’histoire du village de Chemainus pourrait tout particulièrement nous inspirer : cette municipalité de 3 500 habitants a vu son destin basculer en 1983 lorsque le moulin à scie, principal employeur du coin, a fermé ses portes. Mais un audacieux projet artistique a complètement transformé ce village ouvrier: des murales illustrant l’histoire locale ont été peintes sur les murs des maisons, un festival estival de théâtre a vu le jour, des commerces d’artisanat de qualité se sont installés et tout le village a été décoré de fleurs. Des milliers de fleurs, des centaines de magnifiques corbeilles suspendues.
Résultat de ce gigantesque effort collectif : un demi-million de touristes par an, près de 300 nouvelles entreprises et des revenus municipaux qui ont triplé en moins d’une décade pour " the little town that did " comme le dit le slogan local. Comme quoi compter seulement sur les attraits naturels et l'accueil chaleureux n’est pas toujours suffisant pour attirer les visiteurs: est-il utile de préciser que l’île de Vancouver, où est situé Chemainus, est d’une grande beauté avec sa forêt luxuriante et sa côte accidentée sur le Pacifique ? Mais personne ne songerait à s'arrêter à Chemainus si sa population n'en avait pas fait un village exceptionnel.
Lorsqu'on aspire à jouer dans la grande cour du tourisme mondial, comme Saguenay nous le promet avec son projet de port d'escale, il faut savoir que "la compétition" s'est donné du mal, que les destinations attrayantes ne manquent pas et que les touristes savent différencer la qualité de la camelote. Mais on dirait que c’est une réalité qui échappe à l’administration municipale radine que nous avons choisi d’élire contre promesse de geler nos taxes. Il semble que nos dirigeants préfèrent couper dans le budget des fleurs et gaspiller notre argent dans une coûteuse campagne de publicité visant à nous convaincre (nous, pas les touristes !!) que les bateaux de croisières constituent le projet du siècle et que des milliers de visiteurs débarqueront bientôt. Pour admirer nos pétunias moribonds sans doute ? À moins qu’on veuille faire de Saguenay une destination "apportez vos fleurs"…
01 juillet 2006
Quelques leçons européennes...
Par Sylvain Gaudreault
Il y a moins d'une semaine que je suis en France et déjà, j'ai la tête pleine d'idées exportables pour le Québec, voire pour la ville de Saguenay. C'est pourquoi, d'ailleurs, j'ai de la difficulté à comprendre des réactions comme celle de la mairesse de Québec, Andrée P. Boucher, qui trouvait inutile et dépensier de se rendre visiter sa ville jumelle, Bordeaux... On aurait cru entendre notre bon maire de Saguenay et son éternel "ça coûte trop cher"... Boucher et Jean Tremblay, même combat?
Qu'y a-t-il de si intéressant en France? Je pense par exemple à ces réflexes de protection de l'environnement ou qui s'inscrivent plus globalement dans une perspective de développement durable : les voitures sont plus économiques, on ménage systématiquement l'utilisation de l'énegie (les lumières, par exemple), le tram est de plus en plus présent dans les villes moyennes comparables à Québec ou même à Saguenay, comme à Bordeaux ou comme ici, à Strasbourg.
Ce qui m'a le plus impressionné (et choqué, sur le coup, j'avoue...), ce sont les autoroutes payantes. Le trajet Paris-Strasbourg (490 km) coûte pas moins de 30 euros, soit environ 50 dollars. A ce compte-là, il ne faut pas s'étonner que les transports en commun et les petites voitures moins consommatrices et moins chères à l'achat soient légion dans l'Hexagone. Pourquoi ne pas ramener les autoroutes payantes au Québec? Voilà un défi qui interpelle le courage politique mais qui amènerait quelques revenus supplémentaires destinés à l'entretien des routes et au financement d'un transport en commun interurbain digne de ce nom sur le territoire. Il s'agit-là d'une application concrète du principe "pollueur-payeur". Au Québec comme en Amérique du Nord en général, c'est plutôt le principe de la "reine-voiture" qui règne...
C'est la même chose avec le coût de l'essence. Ici, il représente plus du double que ce que l'on paie au Québec. Je suis très heureux d'avoir loué cette minuscule Peugeot 107, qui ressemble à quelque chose entre une Smart obèse et une Golf anorexique... C'est parfait, quoi! Et dire que chez nous, on s'excite dès la moindre hausse du coût de l'essence au-delà de 1 dollar. On parle presque de catastrophe nationale! En France, les manchettes télévisées disaient cette semaine que les dernières hausses de l'essence depuis l'an passé avaient fait baisser de 6 % l'utilisation de la voiture. Pas mal, hein? Au Québec, l'essence n'est pas encore assez chère pour arriver à telle conséquence ou changement de comportement.
Qu'y a-t-il de si intéressant en France? Je pense par exemple à ces réflexes de protection de l'environnement ou qui s'inscrivent plus globalement dans une perspective de développement durable : les voitures sont plus économiques, on ménage systématiquement l'utilisation de l'énegie (les lumières, par exemple), le tram est de plus en plus présent dans les villes moyennes comparables à Québec ou même à Saguenay, comme à Bordeaux ou comme ici, à Strasbourg.
Ce qui m'a le plus impressionné (et choqué, sur le coup, j'avoue...), ce sont les autoroutes payantes. Le trajet Paris-Strasbourg (490 km) coûte pas moins de 30 euros, soit environ 50 dollars. A ce compte-là, il ne faut pas s'étonner que les transports en commun et les petites voitures moins consommatrices et moins chères à l'achat soient légion dans l'Hexagone. Pourquoi ne pas ramener les autoroutes payantes au Québec? Voilà un défi qui interpelle le courage politique mais qui amènerait quelques revenus supplémentaires destinés à l'entretien des routes et au financement d'un transport en commun interurbain digne de ce nom sur le territoire. Il s'agit-là d'une application concrète du principe "pollueur-payeur". Au Québec comme en Amérique du Nord en général, c'est plutôt le principe de la "reine-voiture" qui règne...
C'est la même chose avec le coût de l'essence. Ici, il représente plus du double que ce que l'on paie au Québec. Je suis très heureux d'avoir loué cette minuscule Peugeot 107, qui ressemble à quelque chose entre une Smart obèse et une Golf anorexique... C'est parfait, quoi! Et dire que chez nous, on s'excite dès la moindre hausse du coût de l'essence au-delà de 1 dollar. On parle presque de catastrophe nationale! En France, les manchettes télévisées disaient cette semaine que les dernières hausses de l'essence depuis l'an passé avaient fait baisser de 6 % l'utilisation de la voiture. Pas mal, hein? Au Québec, l'essence n'est pas encore assez chère pour arriver à telle conséquence ou changement de comportement.
Dans un autre registre, je me suis promené aujourd'hui sur le site des institutions européennes de Strasbourg, notamment le Conseil de l'Europe et le Parlement européen. Je me suis dit que bien qu'imparfaites, ces instances pouvaient donner une leçon à notre fédéralisme à nous. L'Europe de 25 veut grandir encore, pas à pas. Ces institutions sont toutes nouvelles (moins de 50 ans). Elles interpellent la jeunesse, surtout ici, à Strasbourg. Les jeunes européens veulent construire une Europe qui leur ressemble. N'est-ce pas là un défi grandiose? J'en rêve pour le Québec, pour le Canada, pour ma génération (qui n'est déjà plus si jeune...). Quelle est la grande différence entre le fédéralisme européen et celui tel que pratiqué au Canada? Le fédéralisme européen regroupe des pays SOUVERAINS. Petit message à l'intention des Québecois...
Vous pensez que j'ai une vision idyllique de l'Europe? Je ne crois pas. J'essaie seulement d'aller à l'essentiel en peu de lignes. Mon prochain papier sera plus délicat. Il parlera de la quête identitaire, si essentielle pour les peuples...